CINEMA

Quand Hollywood vole nos livres préférés (et parfois réussit)

today13 janvier 2026

Arrière-plan
share close

Vous êtes déjà sorti du cinéma déçu après avoir vu l’adaptation d’un livre que vous adoriez ? Cette sensation soulève une vraie question : pourquoi réadapter des histoires déjà connues de tous ? Pourquoi reprendre un récit qui existe déjà, plutôt que d’en inventer un nouveau ? Entre fidélité au texte original, liberté créative et attentes des lecteurs, l’adaptation peut-elle faire renaître un livre… ou au contraire lui faire perdre de sa valeur ? Et quand l’histoire est modifiée, faut-il s’en offusquer ou s’en réjouir ?

Des franchises connues comme Harry Potter, Twilight ou encore Le Seigneur des Anneaux. Les romans policiers d’Agatha Christie, les Stephen Kings. Des noms connus comme Sherlock Holmes ou Lupin mais aussi Superman ou Spiderman. Les exemples, déjà nombreux, le sont de plus en plus. Adapter des livres en films se fait depuis le début du cinéma où les films muets reprenaient déjà des oeuvres célèbres. Mais ces dernières années on peut observer une explosion des adaptations qui ne cesse de grandir. 

quand hollywoodienne vole nos livres
Photo by Yosuke Ota

Pourquoi est-ce qu’on le fait ? 

L’adaptation de livres est un plan d’action commercial très sûr. On sait que l’histoire fonctionne et on a déjà notre groupe de fans. Ça assure une sécurité financière pour les producteurs et en plus, si l’adaptation est bonne, ça peut augmenter la vente du livre original. C’est aussi une grande source d’inspiration pour les réalisateurs : il y a déjà un lieu, des personnages construits et une histoire qui tient la route. 

Pour le public, c’est une manière de vivre une nouvelle expérience. On peut peut-être réinterpréter une histoire qu’on avait apprécié sous un autre angle. Ça permet aussi au spectateur de se plonger réellement dans l’histoire. L’image, le son donnent cette impression de rentrer dans l’histoire, ce qui est impossible avec un livre. 

Un film ou une série sont aussi plus accessibles et trouveront un public plus large que les livres. C’est une opportunité de toucher des gens que les auteurs n’auraient jamais pu atteindre. Toutes les personnes qui n’aiment pas lire auront aussi un accès à cette histoire et ne sauront peut-être même pas que c’était un livre avant. 

La recette du succès 

Pour qu’une adaptation soit réussie, il faut un équilibre parfait entre la transformation cinématographique de l’oeuvre et la fidélité à l’histoire de base. Les thèmes centraux doivent rester très présents et une bonne collaboration avec l’auteur n’est pas de refus. Ce n’est pas seulement l’histoire qu’on doit retrouver mais aussi toute l’atmosphère que l’écrivain avait cherché. 

Là où il faut être particulièrement prudent, c’est lors de l’adaptation du livre au support cinématographique. Dans un roman, on trouvera beaucoup plus de détails que ce qu’il n’est possible de mettre dans un film. Il faut donc garder les scènes les plus essentielles mais ce « tri » doit être minutieux et réfléchi. La présence de l’auteur est importante à ce moment-là par exemple. Il faut aussi faire attention à ne pas faire un film « trop littéral » qui serait ennuyeux. Certaines libertés créatives sont donc cruciales pour rendre le film intéressant et moins lourd mais peuvent aussi décevoir le public. 

Quand Hollywood vole nos livres
Photo by Yosuke Ota

Un autre des points clés est le choix des acteurs. Ils ne doivent pas simplement représenter des personnages, mais les incarner. C’est eux qui sont en charge de donner vie à des personnages déjà tant appréciés. Le choix peut décevoir s’il ne respecte pas la description physique du personnage ou s’il ne répond pas aux attentes des lecteurs tout comme il peut, au contraire, attirer le public. Si les fans sont déçus de ce choix, ça peut ruiner toute l’oeuvre. C’est donc une des décisions les plus cruciales. 

En résumé, le livre doit être la base solide du travail mais il faut aussi faire preuve de créativité lors de l’adaptation cinématographique afin que le film soit abouti. Pour que l’oeuvre soit réussie, il faut que l‘histoire de base soit connue et une bonne collaboration avec l’auteur. 

Et l’imagination dans tout ça ? 

Lorsqu’on parle d’imagination, ça implique autant les lecteurs que les réalisateurs. 

Le public n’a plus besoin d’imaginer un endroit ou la tête des personnages. Ce monde imaginé est soudain concret et c’est ça qui est compliqué pour le réalisateur. Réussir à être le plus fidèle possible à ce que les lecteurs avaient pu imaginer en lisant l’oeuvre. Le film va imposer des images alors qu’un livre va permettre plus de liberté ce qui peut plaire, ou non. 

Du côté du réalisateur, on pourrait croire que son travail est déjà tout fait. Mais pas du tout, au contraire même. Le travail du réalisateur va être très important pour l’avenir de l’oeuvre. Il doit déjà faire en sorte que tout ce que raconte le livre par rapport au pensées internes des personnages soit montré de manière compréhensible et logique. Il devra passer par les expressions du visages, les dialogues peut-être même par les gestes. Il doit aussi mettre en place toute l’atmosphère grâce au choix de la musique, des couleurs utilisées ou encore du cadrage.

C’est le réalisateur qui donne son interprétation de l’histoire de manière concrète. Tout le destin de l’oeuvre repose sur lui et il doit quand même faire tout un travail autour pour qu’elle plaise et réponde aux attentes du public. 

Les adaptations de livres en films ne sont pas une mauvaise idée

Pour conclure, je trouve que les adaptations de livres en films ne sont pas une mauvaise idée. Certaines sont réussies et d’autres pas. J’ai personnellement été assez déçue par la saga Twilight. J’avais d’abord lu les livres et j’ai été très triste de voir la quantité d’aspect et de scènes qui manquaient. Le personnage de Bella, par exemple, était je trouve beaucoup moins « fun » que dans le livre. On ne comprend que vaguement ces émotions et je la trouve très inatteignable dans les films.

En revanche, j’ai trouvé la saga Harry Potter très intéressante visuellement. C’est particulièrement l’impact visuel qui m’a marquée : voir concrètement des personnes voler sur des balais ou soulever des plumes avec une baguette est beaucoup plus impressionnant que de le lire. 

En général, ce que je trouve dommage avec les adaptations c’est que la plupart des gens oublie l’existence des livres. Beaucoup ont oublié que Spiderman était avant tout un ComicBook. Mais je trouve aussi ça formidable parce qu’une « deuxième vie » est donnée à certains livres. Sherlock Holmes par exemple. Plus grand monde de nos jours ne va lire ses aventures et ce ne sont peut-être plus des oeuvres accessibles à tous. Le fait que ce soit aussi devenu des films ou des séries leur donne une seconde chance et permet à d’autres générations de connaître ces personnages iconiques. 

Écrit par: Lysa Iulianiello