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Blues de l’automne : pourquoi le moral baisse et comment y remédier

today26/09/2026

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Le soleil brille encore généreusement et les après-midi ont des airs d’été indien. Pourtant, votre corps a déjà remarqué que quelque chose change : réveil plus difficile quand il fait encore sombre, coup de barre en fin de journée, nuits qui tombent de plus en plus tôt. Car depuis l’équinoxe, les jours raccourcissent, quelle que soit la température. Et dans quelques semaines, le brouillard viendra s’installer sur le Plateau. Pourquoi ce passage à la saison sombre affecte-t-il autant le moral, et comment s’y préparer dès maintenant ? On fait le point.

Le blues de l’automne, un phénomène bien réel

Chaque année, c’est le même scénario. Même quand septembre joue les prolongations estivales, la lumière naturelle, elle, décline inexorablement : on perd plusieurs minutes d’ensoleillement chaque jour à cette période de l’année. Pour beaucoup, ce changement s’accompagne peu à peu d’une fatigue persistante, d’une envie de s’isoler, d’une irritabilité inhabituelle ou d’une attirance marquée pour les aliments sucrés et réconfortants.

Ce n’est ni un caprice ni une question de volonté. Notre organisme réagit très concrètement à la diminution de la lumière naturelle, et ce mécanisme est aujourd’hui bien documenté par la recherche.

Pourquoi le manque de lumière nous affecte autant

Une horloge interne déréglée

Notre corps fonctionne selon un rythme circadien, une horloge interne d’environ 24 heures qui régule le sommeil, la température corporelle, l’appétit ou encore la production d’hormones. Le principal « chef d’orchestre » de cette horloge, c’est la lumière, en particulier celle du matin.

Quand le soleil se lève plus tard et que le ciel reste gris toute la journée, ce signal s’affaiblit. Résultat : l’horloge interne se décale, et vous vous sentez en décalage avec vos propres journées.

Le duo mélatonine et sérotonine

Deux substances jouent un rôle clé. La mélatonine, l’hormone du sommeil, est produite dans l’obscurité. Avec des matinées sombres, sa sécrétion se prolonge, ce qui entretient la somnolence bien après le réveil. À l’inverse, la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, est favorisée par l’exposition à la lumière. Moins de lumière, c’est donc potentiellement moins de sérotonine, et un moral plus fragile.

La vitamine D en berne

Sous nos latitudes, la peau synthétise très peu de vitamine D entre octobre et mars, car le soleil est trop bas dans le ciel. Or une carence peut se traduire par de la fatigue. Attention toutefois : inutile de vous supplémenter à l’aveugle. Seul un dosage sanguin prescrit par votre médecin permet de savoir si un apport est nécessaire.

Le cas particulier du brouillard

En Suisse romande, l’automne rime souvent avec stratus. La fameuse mer de brouillard peut recouvrir le Plateau pendant des jours entiers, privant les habitant·e·s de soleil alors même qu’il brille quelques centaines de mètres plus haut. Une situation qui accentue nettement la sensation de grisaille.

Blues de l'automne
© Photo by Anna Savina

Simple coup de mou ou trouble affectif saisonnier ?

Il est important de faire la différence entre deux situations.

Le blues de l’automne est une baisse d’énergie et de moral passagère et modérée. Vous êtes moins en forme, mais vous continuez à fonctionner normalement au travail, avec vos proches et dans vos loisirs.

Le trouble affectif saisonnier, parfois appelé dépression saisonnière, est une forme reconnue de dépression qui revient à la même période chaque année. Il touche une petite partie de la population, et plus souvent les femmes. Les symptômes sont plus intenses et durent plusieurs semaines : tristesse profonde, perte d’intérêt pour ce qui vous faisait plaisir, hypersomnie, repli sur soi, difficultés de concentration, sentiment de dévalorisation.

Si ces signes s’installent et pèsent sur votre quotidien, n’attendez pas le printemps : parlez-en à votre médecin. Le trouble affectif saisonnier se soigne très bien lorsqu’il est pris en charge.

Nos conseils pour garder le moral cet automne

1. Profitez des beaux jours pour prendre de l’avance

Tant que le soleil est au rendez-vous, sortez un maximum, surtout le matin. Prendre dès maintenant l’habitude d’une marche matinale vous aidera à la conserver quand la grisaille arrivera. Les bonnes routines s’installent bien plus facilement sous un ciel bleu que sous la pluie.

2. Faites le plein de lumière, surtout le matin

C’est la mesure la plus efficace, et elle reste valable tout l’hiver. Sortez dès que possible dans la matinée, même quand le ciel est couvert : la lumière extérieure d’un jour gris reste bien plus intense que celle d’un bureau éclairé. Une marche de vingt minutes avant le travail ou pendant la pause de midi fait déjà une vraie différence.

Chez vous, ouvrez grand les rideaux, installez votre espace de travail près d’une fenêtre et privilégiez des ampoules à lumière blanche en journée.

3. Pensez à la luminothérapie

La luminothérapie consiste à s’exposer chaque matin à une lampe spécifique, généralement de 10 000 lux, pendant environ 20 à 30 minutes. Elle est reconnue comme un traitement de référence du trouble affectif saisonnier et peut aussi soulager les coups de mou plus légers. Vous pouvez prendre votre café ou lire vos mails devant.

Quelques précautions : choisissez un appareil certifié à usage médical, filtrant les UV, et demandez l’avis d’un professionnel de santé si vous souffrez de troubles oculaires, prenez un traitement photosensibilisant ou avez des antécédents de troubles bipolaires.

4. Montez au-dessus du brouillard

C’est l’un des grands privilèges de la vie en Suisse romande : quand le stratus recouvre le Plateau, il suffit souvent de prendre un peu d’altitude pour retrouver le soleil. Une escapade le week-end dans le Jura ou les Préalpes offre un double bénéfice : une bonne dose de lumière et une activité physique en plein air. Pensez à consulter les prévisions de limite supérieure du brouillard avant de partir.

5. Bougez, même un peu

L’activité physique stimule la production d’endorphines et contribue à réguler le sommeil. Nul besoin de vous transformer en marathonien·ne : la régularité compte davantage que l’intensité. Et si vous pouvez pratiquer dehors, vous combinez mouvement et lumière.

6. Gardez des horaires réguliers

Même si la couette vous appelle, essayez de vous lever et de vous coucher à heures fixes, y compris le week-end. Cette régularité aide votre horloge interne à se stabiliser, un atout précieux à l’approche du passage à l’heure d’hiver, le dimanche 25 octobre. Limitez aussi les écrans le soir, dont la lumière retarde l’endormissement.

7. Soignez votre assiette

Les envies de sucre sont fréquentes à cette saison, mais les pics de glycémie entretiennent la fatigue. Misez sur une alimentation variée : légumes de saison, légumineuses, poissons gras, oléagineux et céréales complètes. Et accordez-vous sans culpabilité quelques plaisirs réconfortants : l’équilibre, pas la privation.

blues de l'automne
© Photo by Joseph Gonzalez

8. Laissez la musique faire son effet

Ce n’est pas un hasard si une chanson peut transformer une matinée grise. La musique que l’on aime active le circuit de la récompense dans le cerveau. Composez-vous une playlist énergisante pour le réveil, chantez sous la douche, dansez dans la cuisine en préparant le repas. Et si vous manquez d’inspiration, biboo radio est là pour accompagner vos journées avec des tubes pop qui donnent le sourire.

9. Ne vous isolez pas

L’automne pousse naturellement au repli. Résistez à la tentation de tout annuler : un apéro avec des amis, un repas en famille ou un simple appel téléphonique nourrissent le moral. Les liens sociaux sont l’un des meilleurs remparts contre la morosité.

Et si l’automne devenait une saison à savourer ?

Plutôt que de subir cette période, vous pouvez aussi choisir de l’apprivoiser. Profitez des derniers après-midi ensoleillés pour une balade dans les vignes ou en forêt, parées de leurs couleurs flamboyantes. Puis, quand les soirées fraîchiront, place aux projets créatifs, aux séries longtemps repoussées et aux plats mijotés. Changer de regard sur la saison, c’est déjà commencer à mieux la vivre.

FAQ : vos questions sur le blues de l’automne

Pourquoi peut-on avoir un coup de mou même quand il fait beau ?
Parce que ce n’est pas la température qui compte, mais la durée du jour. Depuis l’équinoxe de septembre, les nuits sont plus longues que les jours, et votre horloge interne le ressent, même sous un grand soleil.

Combien de temps dure le blues de l’automne ?
Il s’installe généralement entre octobre et novembre et s’estompe au retour des beaux jours, au printemps. Les symptômes tendent à s’atténuer lorsque vous augmentez votre exposition à la lumière.

La luminothérapie fonctionne-t-elle vraiment ?
Oui, elle est reconnue comme efficace contre le trouble affectif saisonnier, à condition d’être pratiquée régulièrement, le matin, avec un appareil adapté. Demandez conseil à un professionnel de santé avant de commencer.

Faut-il prendre de la vitamine D en automne ?
Pas systématiquement. Un dosage sanguin prescrit par votre médecin permet de savoir si une supplémentation est utile dans votre cas.

Quand faut-il consulter ?
Si la tristesse, la fatigue ou la perte d’intérêt durent plus de deux semaines et vous empêchent de fonctionner normalement, consultez votre médecin traitant. En cas de détresse, La Main Tendue est joignable en Suisse 24h/24 au 143.

Écrit par: Maurizio Iulianiello