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Helveticum #08 : Rencontre avec Christian Berrut et l’univers de Christine Aymon biboo.ch
today04/05/2026
Depuis le 1er mai 2026, la Suisse a franchi une étape historique dans la prise en charge des personnes confrontées à la violence. Un nouveau numéro national, le 142, est désormais opérationnel sur l’ensemble du territoire. Sa mission est claire : offrir un soutien immédiat et des conseils spécialisés aux victimes de violences physiques, psychiques ou sexuelles. Ce déploiement marque une volonté de simplifier l’accès à la Loi sur l’aide aux victimes (LAVI), garantissant que personne ne reste seul face à un traumatisme.

Jusqu’à présent, les victimes devaient souvent entreprendre des recherches complexes pour identifier le centre de consultation LAVI compétent selon leur canton ou leur situation. Cette démarche, parfois insurmontable en état de choc, est désormais facilitée.
Comme l’explique Martine Lachat-Clerc, directrice de Solidarité Femmes Fribourg, dans le podcast La Voie des Femmes, ce service ne remplace pas les structures existantes, mais il offre une porte d’entrée immédiate et centralisée. Que l’on soit confronté à une agression de rue, à des violences domestiques ou à des abus découverts des années plus tard, le 142 permet d’établir un premier contact professionnel sans délai. C’est un changement de paradigme : l’aide ne se cherche plus dans l’urgence, elle est à portée de téléphone, 24 heures sur 24.
Le lancement du 142 répond à un besoin de cohérence nationale. Dans un pays fédéraliste comme la Suisse, l’offre de soins et de conseils peut parfois paraître fragmentée. Le 142 agit comme un maillon de liaison.
Selon les précisions apportées par Martine Lachat-Clerc, l’objectif du numéro est double. Il s’agit d’abord d’offrir une écoute empathique et sécurisante pour stabiliser la victime. Dans un second temps, les répondants — des professionnels formés aux spécificités de la violence — orientent l’appelant vers les mesures de protection concrètes : assistance juridique, soutien médical d’urgence ou hébergement sécurisé. Pour les victimes, cette centralisation réduit considérablement la charge mentale liée aux démarches de secours.
Le 142 est conçu pour répondre à une large palette de situations. La violence ne laisse pas toujours de traces visibles, et le service est armé pour accueillir toutes les formes de détresse :
L’anonymat et la gratuité sont les piliers de ce dispositif. Appeler le 142 est une démarche totalement sécurisée qui permet de libérer la parole sans crainte de jugement ou de conséquences immédiates non souhaitées. Les professionnels au bout du fil connaissent parfaitement les réseaux de prise en charge cantonaux et peuvent ainsi proposer une aide « sur mesure » en fonction du lieu de résidence et des besoins spécifiques de la victime.

L’ouverture de cette ligne au 1er mai 2026 s’inscrit dans une politique de santé publique et de sécurité renforcée. En facilitant le premier pas, les autorités espèrent encourager les victimes à sortir du silence plus tôt, évitant ainsi l’escalade de certaines situations de violence domestique.
Martine Lachat-Clerc souligne que le 142 est également une ressource précieuse pour les proches. Souvent démunis face à la souffrance d’une amie, d’une sœur ou d’une collègue, les témoins peuvent aussi composer ce numéro pour obtenir des conseils sur la posture à adopter et les ressources disponibles. En tant que directrice de Solidarité Femmes Fribourg, elle témoigne de l’importance cruciale d’un tel relais pour les associations de terrain.
La mise en service du 142 uniformise le niveau d’aide sur tout le territoire suisse. Que vous soyez dans une grande métropole ou dans une vallée reculée, la qualité de l’accueil et la pertinence des conseils restent les mêmes. C’est un engagement fort pour la dignité humaine et le respect de l’intégrité de chacun.
En résumé, le 142 n’est pas qu’un simple numéro de téléphone ; c’est un filet de sécurité permanent. En brisant les barrières géographiques et administratives, la Suisse se dote d’un outil de prévention et de soutien d’une efficacité redoutable, rappelant que la protection des victimes est une responsabilité collective.
Écrit par: Cindy Heiniger
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