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today10/10/2026
Un bal de fin d’année qui tourne au massacre, une adolescente humiliée aux pouvoirs terrifiants, une mère fanatique : depuis plus de cinquante ans, Carrie hante la culture populaire. Le 7 octobre 2026, Prime Video a mis en ligne une nouvelle version de l’histoire, signée Mike Flanagan, le maître actuel de la série d’horreur. Huit épisodes, une héroïne transposée dans l’ère des réseaux sociaux et des critiques largement enthousiastes. Histoire, casting, différences avec le roman et le film culte, accueil de la presse : voici tout ce que vous devez savoir avant de lancer votre week-end de frissons.
La série Carrie est disponible sur Prime Video depuis le mercredi 7 octobre 2026, dans le monde entier, donc aussi en Suisse, en France, en Belgique et au Canada. Amazon a mis en ligne les huit épisodes d’un coup, chacun durant entre 48 et 59 minutes. Comptez donc environ sept heures pour la saison complète : de quoi occuper un samedi pluvieux et un dimanche sous la couette.
Avant d’arriver sur la plateforme, la série a été présentée en avant-première le 18 septembre 2026 au Festival international du film de Toronto (TIFF), dans la section consacrée aux séries. Un signe de la confiance d’Amazon dans ce projet, annoncé en octobre 2024 et commandé officiellement en avril 2025. Le tournage s’est déroulé à Vancouver, au Canada, de juin à octobre 2025.
Pour comprendre l’importance de Carrie, il faut remonter au début des années 70. Stephen King est alors un jeune professeur d’anglais dans le Maine, qui écrit des nouvelles pour arrondir les fins de mois. Il commence l’histoire d’une lycéenne persécutée qui se découvre des pouvoirs de télékinésie, puis, peu convaincu, jette les premières pages à la poubelle. C’est sa femme, Tabitha King, qui les récupère et l’encourage à terminer le manuscrit. Bonne intuition : publié par Doubleday en avril 1974, Carrie devient le premier roman de Stephen King et le point de départ de l’une des carrières les plus prolifiques de la littérature populaire.
L’histoire est restée la même au fil des décennies. Carrie White est une adolescente timide, élevée par une mère obsédée par le péché. Moquée par ses camarades, elle découvre qu’elle peut déplacer les objets par la pensée. Lorsqu’une ultime humiliation la frappe le soir du bal de promo, sa colère se déchaîne sur toute la ville.
Carrie a connu plusieurs vies à l’écran, et cette série en est la quatrième adaptation.
1976, le film culte de Brian De Palma. Avec Sissy Spacek dans le rôle-titre et Piper Laurie dans celui de la mère, le film devient un classique du cinéma d’horreur. Les deux actrices sont nommées aux Oscars, une rareté pour un film du genre. La scène du bal, filmée en écran partagé, et la main qui surgit de la tombe à la fin sont entrées dans l’histoire.
2002, le téléfilm de NBC. Avec Angela Bettis, il était pensé comme le pilote d’une série qui n’a jamais vu le jour.
2013, le remake de Kimberly Peirce. Chloë Grace Moretz et Julianne Moore y reprennent les rôles principaux, dans une version modernisée qui a laissé la critique plutôt tiède.
Entre-temps, il y a même eu une comédie musicale à Broadway en 1988, restée célèbre comme l’un des plus gros échecs de l’histoire du théâtre new-yorkais, et une suite au cinéma, Carrie 2 : La Haine (1999). Autant dire que s’attaquer à Carrie en 2026 relevait du pari.
C’est sans doute le choix le plus marquant de la série : l’histoire se déroule aujourd’hui, et non plus dans les années 70. Mike Flanagan l’a expliqué au magazine britannique Radio Times : les thèmes du roman parlent davantage aux adolescents d’aujourd’hui, et une adaptation en costumes aurait donné l’impression d’une simple relecture.
Dans cette version, Carrie a grandi cachée à la maison par sa mère. C’est la mort de son père qui révèle son existence et la pousse à intégrer le lycée public de Chamberlain en cours d’année. Le harcèlement qu’elle subit prend une forme bien actuelle : son humiliation devient le sujet d’un compte Instagram anonyme qui ridiculise élèves et enseignants, et l’affaire dépasse vite les murs de l’école. Smartphones, cyberharcèlement, rumeurs et complots : la série observe une petite ville ordinaire qui se cherche un bouc émissaire.
La construction du récit mérite aussi d’être soulignée. Le premier épisode s’ouvre sur les conséquences du drame, avec des images d’actualité, des appels aux services d’urgence et des témoignages de survivants, avant de revenir un an en arrière. Vous savez donc dès le départ que tout finira mal ; la question devient comment et pourquoi. Les titres des épisodes, inspirés des matières scolaires (« First Period », « Social Studies », « Home Economics »… jusqu’à « AP Physics »), ajoutent une touche d’humour noir bienvenue.

Après plus de 1 400 auditions, c’est Summer H. Howell qui a été choisie pour incarner Carrie White. Un rôle écrasant, que la jeune actrice relève avec une fragilité saluée par l’ensemble de la critique. Face à elle, Samantha Sloyan, fidèle de l’univers Flanagan (Sermons de minuit, La Chute de la maison Usher), joue Margaret White, la mère. Flanagan a écrit le rôle spécialement pour elle, et plusieurs critiques estiment qu’elle vole la vedette dans la plupart de ses scènes.
Autour d’elles, vous retrouverez : Siena Agudong en Sue Snell, la camarade rongée par la culpabilité ; Alison Thornton en Chris Hargensen, la meneuse cruelle ; Joel Oulette en Tommy Ross, le cavalier du bal ; Arthur Conti en Billy Nolan ; Amber Midthunder (Prey) en Rita Desjardin, la professeure bienveillante ; Matthew Lillard, l’inoubliable Stu de Scream (1996), en proviseur.
Les amateurs de Flanagan reconnaîtront aussi plusieurs membres de sa troupe habituelle, dont Kate Siegel et Rahul Kohli, ainsi que des invités comme Heather Graham et Katee Sackhoff. Stephen King, de son côté, figure parmi les producteurs exécutifs.
Si vous aimez les séries d’horreur, le nom de Mike Flanagan vous est forcément familier. Sur Netflix, il a signé The Haunting of Hill House (2018), The Haunting of Bly Manor (2020), Sermons de minuit (2021) et La Chute de la maison Usher (2023), des séries qui ont redonné ses lettres de noblesse à l’horreur à la télévision. Sa marque de fabrique : des personnages fouillés, beaucoup d’émotion et une peur qui naît du deuil et de la culpabilité plus que des effets chocs.
Il connaît aussi parfaitement l’œuvre de Stephen King. Il a déjà adapté Jessie (Gerald’s Game, 2017), Doctor Sleep(2019), la suite de Shining, puis The Life of Chuck, récompensé par le prix du public au Festival de Toronto en 2024. Carrie est son premier projet pour Amazon, avec qui il a signé un contrat d’exclusivité fin 2022. Il réalise quatre des huit épisodes ; les autres sont confiés notamment à Kate Siegel, son épouse, et à l’actrice Kyra Sedgwick.

L’accueil est très favorable. Au moment où nous écrivons, la série obtient 85 % de critiques positives sur Rotten Tomatoes (101 critiques) et une note de 73/100 sur Metacritic. Le magazine Variety parle d’une « superbe réinvention » du classique, et la critique du magazine Time, Judy Berman, va jusqu’à la qualifier de première adaptation du roman qui en vaille la peine depuis cinquante ans.
Tout le monde n’est pas aussi enthousiaste. The Hollywood Reporter salue la pertinence du propos et les performances, mais trouve la série moins singulière et bien moins effrayante qu’elle ne devrait l’être. D’autres critiques estiment que huit épisodes, c’est un peu long pour une histoire aussi resserrée, et que le rythme faiblit en milieu de saison. Les changements apportés au roman, notamment une Margaret plus nuancée et une fin qui prend de grandes libertés, divisent aussi les fans de Stephen King.
Rien n’est officiel. Amazon présente Carrie comme une mini-série, mais Mike Flanagan a confié à la presse américaine que, dans son scénario idéal, l’histoire se déroulerait sur trois saisons, comme une véritable trilogie. La fin de la saison 1, que nous ne dévoilerons pas ici, laisse en tout cas la porte ouverte. Le succès d’audience des prochaines semaines sera déterminant.
Si vous aimez les séries de Mike Flanagan, la réponse est oui, sans hésiter : vous retrouverez sa sensibilité, ses acteurs fétiches et son goût pour les drames familiaux qui tournent au cauchemar. Si vous êtes attaché au film de De Palma, abordez la série comme une relecture plutôt qu’une copie : elle prend le temps d’explorer ce que le film de 1976, avec ses 98 minutes, ne pouvait qu’esquisser.
Et si vous cherchez simplement de quoi lancer la saison d’Halloween, Carrie coche toutes les cases : un mythe que tout le monde connaît, une héroïne qu’on a envie de protéger et une ville entière qui court à sa perte. Prévoyez un plaid, éteignez la lumière… et méfiez-vous des seaux suspendus au-dessus des scènes.
Écrit par: Axel Tessier
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