Quatre ans après avoir mis le feu à Netflix et ressuscité un jeu vidéo que beaucoup croyaient perdu, Cyberpunk: Edgerunners 2 revient. La suite arrive ce mardi 20 octobre 2026, avec dix épisodes mis en ligne d’un coup. Mais attention : ce n’est pas la suite de l’histoire de David et Lucy. Nouveaux personnages, nouveau réalisateur, ton plus lumineux et générique signé The Cure. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de retourner à Night City.
Le phénomène de 2022, en bref
Pour comprendre l’attente autour de cette saison 2, il faut revenir en septembre 2022. Le 13 septembre, Netflix met en ligne Cyberpunk: Edgerunners, une série animée de dix épisodes produite par le studio polonais CD Projekt Red et le studio japonais Trigger (Kill la Kill, Promare), sous la direction de Hiroyuki Imaishi.
La série raconte la trajectoire de David Martinez, un adolescent des bas-fonds qui se greffe un implant militaire et rejoint une bande de mercenaires, les « edgerunners ». Une histoire d’amour et de chute, violente et déchirante, portée par la chanson « I Really Want to Stay at Your House » de Rosa Walton, devenue un tube sur les réseaux.
Le succès est immédiat : la série entre dans le top 10 de Netflix dès sa première semaine, et les 16 critiques recensées par Rotten Tomatoes sont toutes positives. Elle est élue anime de l’année aux Crunchyroll Anime Awards 2023. Surtout, elle réhabilite Cyberpunk 2077, le jeu dont elle partage l’univers. Sorti fin 2020 dans un état catastrophique, le jeu connaît grâce à la série un retour en grâce spectaculaire, et ses ventes atteignent 20 millions d’exemplaires. Rarement une adaptation aura autant servi l’œuvre d’origine.
Une suite autonome : pas besoin d’avoir vu la saison 1
C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse est claire : Edgerunners 2 est une histoire indépendante. Dès octobre 2022, CD Projekt Red promettait « quelque chose de complètement différent » plutôt qu’une suite directe. Le studio a officialisé le projet en juillet 2025.
Vous pouvez donc commencer par cette saison sans rien connaître de la première, ni du jeu. Cela dit, si vous avez un week-end devant vous, les dix épisodes de 2022 (environ 25 minutes chacun) restent la meilleure porte d’entrée dans cet univers.
La série ne reprend pas non plus l’intrigue de Cyberpunk 2077 ni de Cyberpunk 2, le prochain jeu du studio, encore en développement. Elle partage simplement la même ville et le même monde.
L’histoire : une légende déchue et un hacker en quête de vengeance
Nous sommes toujours à Night City, mégalopole californienne où l’on se fait greffer des implants comme on change de coupe de cheveux, où les gangs règnent sur les rues et où les multinationales Arasaka et Militech se livrent une guerre sans fin.
Selon le synopsis officiel, la série suit Weak, une légende des edgerunners autrefois surnommée « King », qui vit aujourd’hui sans implants dans l’ombre de sa gloire passée, et D, un netrunner (un hacker) du clan nomade Snake Nation, lancé sur la piste de celui qui a anéanti les siens. Sa vengeance va le mener à des secrets bien gardés des corporations. Leurs destins se croisent dans un récit de « vengeance et de rédemption », qui parle de famille, d’obsession et d’héritage.
Autour d’eux gravitent plusieurs personnages que les fans vont vite adopter :
- Roman Carax, un jeune cinéphile qui filme de « vraies histoires » dans une ville qui a abandonné le cinéma pour le braindance, ces enregistrements d’émotions qu’on revit de l’intérieur ;
- Talia, élevée dans les tours des corporations et endurcie au contact du gang Maelstrom, obsédé par les implants ;
- Avida, ancienne chanteuse de jazz et ex-flamme de Weak, aujourd’hui mariée à Kiril, cadre de la multinationale Kang Tao, et mère de Talia.
D’après le Journal du Geek, qui a pu voir le premier épisode en avance, la série alterne entre plusieurs protagonistes dont les histoires avancent en parallèle. Une partie de la mise en scène passe par la caméra de Roman, une jolie idée pour une série qui interroge notre goût du spectacle.

Une nouvelle équipe aux commandes
Studio Trigger est toujours à l’animation, mais l’équipe change en partie. La réalisation passe à Kai Ikarashi. Le Polonais Bartosz Sztybor, scénariste chez CD Projekt Red, revient comme showrunner et auteur de l’histoire, avec Masahiko Otsuka au scénario. Les personnages sont dessinés par Ichigo Kanno, et la musique est confiée à Tsuneo Imahori, connu pour la bande originale de l’anime culte Trigun.
Côté voix, la version anglaise compte un nom bien connu des amateurs de cinéma : Clancy Brown, l’inoubliable Kurgan de Highlander et le gardien Hadley des Évadés, prête sa voix à Weak. En japonais, on retrouve notamment Kentarō Tone (Weak), Kōki Uchiyama (D) et Akari Kitō (Talia).
The Cure en générique : le clin d’œil qui va plaire aux nostalgiques
La saison 1 s’ouvrait sur « This Fffire » de Franz Ferdinand. Pour la saison 2, le générique de début est « 10:15 Saturday Night » de The Cure, l’un des tout premiers titres du groupe de Robert Smith, paru en 1979 sur l’album Three Imaginary Boys. Le générique de fin est « Watson », de la chanteuse Petite Meller.
Un choix qui en dit long : comme le jeu, Edgerunners aime mêler son futur dystopique à des sons qui ont marqué les générations précédentes. De quoi parler aussi bien aux joueurs de 20 ans qu’à ceux qui ont grandi avec les pochettes de The Cure.
Plus lumineux, plus drôle, mais toujours aussi violent
Ceux qui ont gardé le cœur brisé par la fin de la saison 1 peuvent se rassurer, un peu. Le Journal du Geek décrit un premier épisode au visuel « plus lumineux », qui « laisse davantage de place à l’humour et à une certaine légèreté ». Il le juge « une pure réussite sur de nombreux plans » et note qu’il « pose davantage de questions qu’il n’apporte de réponses ».
Mais ne vous y trompez pas : le même article évoque aussi un épisode qualifié de plus gore de la série. Comme la première saison, Edgerunners 2 est clairement destinée à un public adulte. Ce n’est pas un dessin animé à regarder avec les enfants.
Faut-il regarder Cyberpunk: Edgerunners 2 ?
Si vous avez aimé la saison 1, la question ne se pose même pas. Si vous découvrez, c’est l’occasion idéale : une histoire neuve, dix épisodes courts qui se regardent en un week-end, l’un des studios d’animation les plus inventifs du Japon, et un univers riche qui pourrait bien vous donner envie de lancer Cyberpunk 2077 ensuite.
Le seul vrai risque, c’est la comparaison. La première saison a placé la barre très haut, et changer de héros comme de réalisateur est un pari. Réponse demain.








