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today17 décembre 2025
Le best-seller d’E. Lockhart, qui a retourné le cerveau de millions de lecteurs sur TikTok, a enfin droit à son adaptation sur Prime Video. Entre secrets de famille toxiques, esthétique « old money » et twist final dévastateur, la série « We Were Liars » s’impose comme le nouveau rendez-vous incontournable des amateurs de thrillers psychologiques.
Parfois, les meilleures recommandations ne viennent pas des algorithmes, mais du salon d’à côté. C’est ma fille de 17 ans qui m’a mis le grappin dessus en me disant : « Papa, il faut absolument que tu regardes ça ». Résultat des courses ? J’ai littéralement dévoré la saison en un week-end, incapable de décrocher de l’écran. Il faut dire que We Were Liars (ou Nous les menteurs en VF) possède ce magnétisme rare qui vous force à enchaîner les épisodes jusqu’au dénouement final.
Tout commence en 2014. L’autrice E. Lockhart publie son roman. À l’époque, le livre est un succès critique, mais c’est quelques années plus tard qu’il devient un véritable tsunami culturel grâce à BookTok. Sur TikTok, les vidéos de lecteurs en larmes, incapables de se remettre de la fin du récit, cumulent des centaines de millions de vues. Face à un tel engouement, Prime Video a confié les clés du projet à Julie Plec (la créatrice de The Vampire Diaries) et Carina Adly MacKenzie. L’objectif était clair : conserver l’ambiance onirique et brumeuse du roman tout en l’ancrant dans une réalité visuelle moderne, où chaque plan ressemble à une photographie de mode un peu mélancolique.
L’histoire nous plonge au cœur de la famille Sinclair, une dynastie américaine riche, belle et apparemment parfaite. Chaque été, ils se réunissent sur leur île privée, Beechwood. Au centre de l’intrigue, on retrouve « Les Menteurs » : un groupe formé par Cadence, l’héritière, ses cousins Johnny et Mirren, et l’outsider charismatique Gat. Mais derrière les sourires de façade, la tragédie couve.
Lors de l’été de ses 15 ans, Cadence est victime d’un mystérieux accident. Elle en ressort amnésique et souffrante. Deux ans plus tard, elle retourne sur l’île, déterminée à reconstituer le puzzle de cette nuit-là. La série explore avec une cruauté élégante les thèmes de l’héritage, de la culpabilité et de la pression sociale exercée par des patriarches qui préfèrent brûler leurs secrets plutôt que de ternir leur blason.
Pour porter une telle charge émotionnelle, la production a misé sur un mélange de visages familiers et de nouveaux talents. Emily Alyn Lind, que l’on avait déjà croisée dans le reboot de Gossip Girl, incarne Cadence avec une fragilité désarmante. Elle est entourée par les « sœurs Sinclair », jouées par Mamie Gummer, Caitlin FitzGerald et Candice King.
Ces trois actrices parviennent à rendre cette sororité toxique à la fois fascinante et effrayante. Face à elles, le vétéran David Morse campe un patriarche imposant et froid, représentant cette vieille Amérique qui refuse de voir le monde changer, tandis que la chimie entre les jeunes acteurs qui forment les « Menteurs » rend le dénouement encore plus brutal.
Dès sa mise en ligne, la série a créé un véritable séisme sur les réseaux sociaux, squattant le Top 10 de la plateforme dans plus de 80 pays. L’accueil du public a été particulièrement intense : les puristes du livre ont salué la fidélité à l’ambiance originale, tandis que les néophytes ont vécu un véritable choc émotionnel. La force de la série réside dans sa capacité à séduire plusieurs générations. On y retrouve l’aspect drama adolescent qui plaît aux plus jeunes, mais aussi une profondeur psychologique et une critique sociale qui captivent les adultes.
La presse n’a pas tari d’éloges, comparant souvent l’œuvre à un mélange entre Succession pour les drames familiaux de haut vol et Euphoria pour la mise en scène stylisée. La bande-son, très ancrée dans l’époque avec des sonorités pop modernes, a également été un argument majeur de séduction, achevant de transformer ce thriller en un objet pop ultra-désirable.

C’est la question qui brûle toutes les lèvres après le générique de fin : y aura-t-il une suite ? Si le livre original se suffit à lui-même, l’univers de l’île Sinclair est loin d’avoir livré tous ses secrets. E. Lockhart a d’ailleurs publié en 2022 un prequel intitulé Family of Liars, qui se concentre sur la génération précédente lors d’un été tout aussi dramatique en 1987. Julie Plec a déjà laissé entendre que si le succès se confirmait, l’adaptation de ce prequel serait l’option la plus logique.
Cela permettrait de conserver le cadre mythique de l’île tout en explorant une nouvelle époque, surfant sur une esthétique vintage. En attendant, un conseil : ne vous fiez à personne, et surtout pas aux Sinclair.
On ne va pas se mentir (jeu de mot facile, j’assume), il y a un plaisir coupable à regarder des gens incroyablement riches se déchirer pour des tableaux de maître ou une maison de vacances. Les Sinclair sont le genre de personnes qui règlent leurs traumas à coups de chèques ou de non-dits polis lors d’un dîner au homard. On les déteste pour leur privilège, mais on donnerait n’importe quoi pour passer un après-midi sur leur plage privée… enfin, avant que tout ne parte en fumée.
Écrit par: Maurizio Iulianiello
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