Ralentissez

Ralentissez

14 mars 2020 0 Par Aymeric Dallinge

Temps de lecture estimé : 3 '

Un peu partout dans le monde, le chaos s’installe depuis plusieurs semaines. L’un après l’autre, chaque pays se renferme sur lui-même et prend des restrictions historiques pour sa population. Cette dernière est entrée dans une panique générale et plus les jours avancent plus la peur gagne du terrain. Toutes les discussions sont centrées sur la crise existante et les dommages collatéraux sont énormes pour grand nombre de secteurs. Pourtant, il est important de ne pas céder face à la peur et de rester humains et conscients.

Le nuage qui passe au-dessus de nos têtes va se dissiper. Pas tout de suite, c’est sûr. Mais, nous disposons des ressources suffisantes pour le laisser passer et en retenir les meilleures leçons. Les théâtres, les cinémas, les bars et beaucoup d’autres lieux de convivialité et de rencontre se retrouvent clos pour plusieurs semaines. N’y voyez pas la mort de votre socialisation. Au contraire. Pensez à aménager différemment votre quotidien. Regardez au plus près de vous. Il y a des gens qui vous entourent et ce sont ceux que vous avez choisi d’avoir. Dans le confinement voyez-y l’ouverture à votre famille ou votre voisinage. Ne restez pas dans la solitude en alimentant l’angoisse générale qui s’éparpille dans les foyers. Choisissez d’être acteurs de ce nouveau mode de vie qui s’offre à chacun d’entre nous. Proposez votre soutien à vos voisins qui ne peuvent pas se rendre dans les commerces, invitez-les à partager des repas. Mais, éteignez la télévision et blaguez. Rien ne vaut une discussion animée autour d’un bon dîner cuisiné avec des produits de chez nous. D’ailleurs, tant que j’y suis, repensez votre consommation. Petit à petit les étalages des magasins sont dévalisés. Alors oui, le capitalisme fait que les dépôts débordent de denrées dont nous avons goût. Mais, si la situation se poursuit, les stocks ne seront plus alimentés à défaut des livraisons possibles. Les régions industrielles qui produisent tout ce que nous consommons sont, pour certaines, closes. Je vous propose de voir cela comme quelque chose de positif plutôt que de désespérer de ne pas pouvoir trouver de Nutella, de sauce soja ou de nouilles chinoises au curry. Autour de vous il y a des producteurs locaux qui cultivent ce qui pousse dans nos terres et, par conséquent, nous nourrit. Si vous cherchez un peu, vous trouverez aussi plein de petites mains créatrices qui ont pour passion de concocter des produits faits maison qui réjouiront vos papilles. Je suis persuadé que vous trouverez une pâte à tartiner aux noisettes qui dépassera celle dont vous avez l’habitude de manger à la cuillère devant une comédie romantique. Et ces petits sablés d’apéro que Patrick adore, cherchez autour de vous ou préparez-les ensemble.

Je sais que l’ambiance qui règne est pesante et impact notre moral à tous. Je tente de voir les choses d’un angle différent et de rappeler à chacun et chacune d’entre vous que l’essentiel se trouve en nous et autour de nous. Nous disposons d’une ressource immense pour continuer à vivre et à s’épanouir différemment de ce que nous avions l’habitude depuis ces 50 ans dernières années. Il est temps de sortir de sa zone, que l’on pensait, de confort pour établir celle qui nous correspond réellement. C’est une phase de reconnexion à soi et aux personnes qui nous entourent. Toutefois, le bien commun et la solidarité veulent que nous soyons conscients de nos comportements. Il est donc précieux de rappeler que si vous présentez des symptômes particuliers, ne foncez pas chez votre voisine pour manger. Au contraire, installez-vous confortablement dans votre lit et reposez-vous. Nous vivons à un rythme effréné depuis des années et nous arrivons à saturation. La terre aussi. Nous mettons le bouton sur pause puisqu’il le faut.