Petit Prince

Petit Prince

23 février 2020 0 Par Aymeric Dallinge

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Petit prince,
Aujourd’hui, j’ai choisi de te dédier mes mots. Aucune ironie, aucune émergence d’un dysfonctionnement du système dans lequel nous vivons. Tu auras le temps de t’en rendre compte et alors nous en discuterons.

Mon coeur est attendri. J’ai envie de t’exprimer combien j’ai succombé lors de notre première rencontre. Je t’ai attendu. Je t’ai imaginé. Je t’ai dessiné un visage, un caractère. J’ai patienté et, à présent, l’amour m’envahit de te savoir auprès de moi. Tu as la peau douce. Peut-être ai-je craqué face à ta douceur. J’ai adoré pouvoir te sentir contre moi. Te serrer fort, ton coeur battant. Tu as l’air si sensible, si fragile. Tu as de petites mains et de petits pieds tout fripés. Tes yeux sont clos et s’entrouvrent lorsqu’autour de toi les décibels augmentent. Aucune parole. Il n’y en a pas besoin. C’est simple. Le lien se crée et s’anime. Je ferme les yeux pour apprécier l’instant que je suis en train de vivre et me laisser vaquer à mes rêves et projections avec toi.

Je serai là pour te guider, t’écouter, te consoler. Comme j’ai pu l’être avec ton papa. Ton père, mon frère. Celui avec qui j’ai construit tant de réalités différentes. Celui avec qui j’ai grandi. Je suis fier de savoir que tu auras la chance de vivre avec lui et de recevoir son amour et sa bienveillance. Il saura trouver les mots pour te réconforter. Et si toutefois il ne prononce pas ceux que tu aurais eu aimé entendre, ne lui en veut pas. Sache qu’il fait du mieux qu’il peut.

Je t’apprendrai à mettre tes doigts dans ton nez, à tirer la langue et à manger des spaghettis avec tes oreilles pour manivelles. Je craquerai complètement en t’entendant rire aux éclats. Je m’inquiéterai quand tu seras malade et je rassurerai ton papa quand tu découcheras. S’il te plaît, veille sur lui comme il le fera avec toi. Tu sais, il peut paraître rustre mais c’est un coeur d’artichaut. Tu n’étais pas encore là qu’il commençait déjà à s’assurer que tout se passe bien.

Hier soir et aujourd’hui lorsque j’ai pu t’enlacer, j’ai ressenti beaucoup de joie et de fierté à te contempler. J’ai vérifié que tu avais tous tes doigts de pieds et si tes oreilles étaient bien placées. Je veux m’assurer que tout soit réglé comme du papier à musique pour tes premiers jours avec nous.

Il est temps de te souhaiter une bienvenue à nos côtés et je me réjouis de te voir grandir mais aussi tomber et surtout te chamailler avec ton papa. Bien sûr, il y aura un moment où le monde et les gens te décevront. Mais, sois-en sûr, tu pourras compter sur Tonton pour tenter de te donner de bons conseils. Et, j’aurai toujours une oreille attentive à ce que tu exprimes.
Petit prince, tes yeux sont encore clos mais je t’aime déjà.