L’hiver a disparu !

L’hiver a disparu !

21 janvier 2020 0 Par Aymeric Dallinge

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J’ai une nouvelle désagréable pour vous aujourd’hui. L’hiver a disparu !

Samedi dernier, en descendant de chez moi pour aller prendre le train, j’ai eu trop chaud. Je me suis même surpris à penser « Aymeric, pourquoi tu mets encore une écharpe au printemps? ». Que diable, où avais-je l’esprit ? Janvier n’est pas un mois printanier. Quoique…

Trêve de plaisanterie, il n’y a que moi que ça inquiète ? Je sais bien que non. Ils étaient 10’000 dans les rues de Lausanne le 17 janvier 2020 et encore plus le 28 septembre 2019 lorsque j’étais à Berne sur la Place Fédérale.

Quand je pense aux hivers que j’ai eu la chance de vivre dans mon enfance. C’était l’abondance de neige. Mes neveux et nièce ne me croiront jamais quand je leur dirai que j’allais à l’école en bob avec leurs papas. Le ruisseau à côté de chez moi était gelé quasiment toute la saison. 
A ce jour, je n’ai même pas eu le plaisir de former des boules de neige en plaine. Et Olaf dans tout ça ? Toutes ces petites princesses inspirées par Elsa et qui rêvent d’un compagnon éphémère. Que nenni. Pour ça, il faudra aller au ski.

Et sur les pistes, le monde afflue en nombre. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On simule la nature de la neige et, si vraiment, nous pouvons l’importer. En voilà une idée lumineuse, tiens ! Nous n’avons aucun scrupule à monter détruire nos glaciers pour le plaisir et l’adrénaline de qui que ce soit. Deux villes sont candidates pour la palme de l’absurde en termes de sport d’hiver. Première en lice, Lausanne et ses Jeux Olympiques de la Jeunesse et, surtout, son ski sur plastique à côté de St-François. Et la deuxième, côté Sarine, Fribourg se positionne merveilleusement avec sa neige emportée par camion pour une descente en luge sous 12 degrés. 

Le monde marche sur la tête ou c’est moi qui n’y comprends rien ? Vous penserez sans doute que mis à part râler je ne prévois pas grand chose. Je crois que si. En tous cas, j’aime le penser. J’ai choisi de ne pas entrer dans cette spirale infernale. Je profite donc de lire un bouquin au soleil sur ma terrasse, en janvier, les doigts de pieds en éventail. N’y voyez pas là du « je-m’en-foutisme ». Je suis conscient que les choses ne changeront pas. Cependant, je peux choisir de ne pas alimenter l’extinction de la planète sur laquelle je vis tout en appréciant l’instant présent. 

Vous êtes prêts à passer Pâques sous la neige cette année ? J’ai envie de parier avec vous. Je n’ai plus peur maintenant. Alors j’ose tout me permettre. (enfin, presque.)
Certes, les oeufs seront plus difficiles à rouler. Dans mes souvenirs, proches cette fois-ci, ça ne serait pas la première année. 
J’ai trouvé la solution ! Nous pourrions inverser le lapin de Pâques avec la naissance de Jésus. Au point où nous en sommes, rien ne peut être plus absurde que nos comportements négligents.

N’y voyez pas là des attaques personnelles. Je ne suis pas partisan d’accabler l’individu de la responsabilité globale. Je pense que l’ère dans laquelle nous vivons est le fruit de celles qui nous ont précédées. Mais, rien ne nous empêche de devenir plus conscients de nos agissements et de tenter de vivre plus en adéquation avec la nature qui nous entoure. Nous demandons d’être respectés alors pourquoi ne pas commencer par respecter ce qui vit autour de soi ?

Alors ce deuxième rencard ? Vous commencez à être séduits ?