LIFESTYLE

Sortir de l’emprise : Le cri du cœur de Stéphanie contre les violences conjugales

today09/04/2026

Arrière-plan
share close

Le nouvel épisode du podcast « La Voie des Femmes » lève le voile sur un sujet encore trop souvent étouffé par le silence et la culpabilité : la mécanique des violences conjugales. À travers le témoignage bouleversant de Stéphanie, cet épisode décortique l’emprise psychologique et offre des clés concrètes pour s’en sortir. Un récit nécessaire pour que la honte change enfin de camp.

On a tous cette image préconçue en tête. On se dit que les violences conjugales, c’est pour les autres, pour celles qui « manquent de caractère » ou qui n’ont pas les ressources pour s’enfuir. Stéphanie faisait partie de ces personnes. Avant de vivre l’enfer, elle affirmait haut et fort : « Si un homme me lève la main dessus, je pars. » Pourtant, la réalité de l’emprise est bien plus complexe qu’une simple décision rationnelle. Elle est restée un an et demi. Un an et demi de peur, de doute et de survie.

Ce nouvel épisode de La Voie des Femmes, donne la parole à cette survivante dont le parcours illustre parfaitement la spirale infernale dans laquelle basculent des milliers de femmes chaque année.

violences conjugales
La Voie des Femmes est un podcast produit par malyce.ch

Le « Love Bombing » : Le piège de la perfection

Tout commence rarement par un coup. Au contraire, tout commence souvent par un conte de fées. C’est ce que Mélissa Piquerez, psychologue spécialiste de la question, appelle le love bombing. Durant cette phase initiale, l’agresseur se montre parfait : attentionné, omniprésent, valorisant.

Cette lune de miel constante crée une dépendance affective immédiate. La victime se sent aimée comme jamais elle ne l’a été. C’est sur ce socle de confiance absolue que l’agresseur va ensuite poser les premières pierres du contrôle. Pour Stéphanie, le changement s’est opéré par petites touches. Une remarque sur une tenue, une surveillance des messages, un isolement progressif de ses proches.

L’isolement est l’arme fatale. En coupant la victime de ses soutiens extérieurs, l’agresseur devient l’unique source de validation et de réalité. C’est dans ce huis clos psychologique que la première gifle survient. Pour Stéphanie, ce fut d’une violence inouïe, provoquant une perte de connaissance. Le choc n’est pas seulement physique, il est moral : comment l’homme « parfait » a-t-il pu devenir ce monstre ?

Pourquoi est-il si difficile de partir ?

C’est la question qui revient sans cesse, celle qui porte en elle un jugement implicite. Mélissa Piquerez explique que ce n’est pas une question de courage, mais de mécanique neurologique. L’emprise fonctionne sur l’alternance. Après la violence viennent les larmes, les excuses et les promesses de changement. Ce cycle « tension-agression-justification-réconciliation » maintient la victime dans une confusion totale.

On finit par se demander si on n’a pas provoqué la colère de l’autre. On minimise. On se dit que c’est un accident. Et puis, il y a le regard des autres. Dans le cas de Stéphanie, son entourage voyait en son compagnon un « homme bien ». Comment dire la vérité quand personne ne semble prêt à la croire ? La honte s’installe alors durablement, agissant comme une chape de plomb qui empêche tout appel au secours.

Préparer son départ : Les conseils de l’association Nouveau Départ

Sortir de la violence ne s’improvise pas, car c’est souvent au moment du départ que le danger est le plus grand. Anne Jeanneret, présidente de l’association Nouveau Départ à Fribourg, intervient dans le podcast pour apporter des solutions concrètes. Son message est clair : un départ se prépare dans le calme, autant que possible.

violences conjugales

Noter les faits, les dates, les paroles. Cela permet de garder un ancrage avec la réalité quand l’agresseur tente de vous faire douter de votre santé mentale. Même si vous ne portez pas plainte immédiatement, faites constater les traces de violence par un médecin neutre. Mettre ses papiers d’identité, ses contrats et un peu d’argent de côté chez une personne de confiance.
Briser le silence. Parler à une amie, à un professionnel ou à une association spécialisée. Le simple fait de dire les choses à voix haute commence à fissurer l’emprise.

La lumière au bout du tunnel : On peut guérir

Le témoignage de Stéphanie ne s’arrête pas à la tragédie. Il se termine sur une note d’espoir immense. Elle a réussi à s’enfuir. Un matin, une fenêtre de dix minutes, un sac jeté dans une voiture, et la fuite vers une nouvelle vie.

Aujourd’hui, Stéphanie est reconstruite. Elle est mariée à un homme qui la respecte et l’aime véritablement. Elle ne cache pas que les traces restent, que les traumatismes demandent du temps pour être apprivoisés, mais elle est la preuve vivante qu’une vie après la violence est possible. Son message est sans appel : « Rien ne justifie un coup. Si elle a pris un seul coup, c’est déjà trop. »

À propos du podcast : La Voie des Femmes

La Voie des Femmes est un espace de parole essentiel. En mêlant témoignages bruts et expertises professionnelles, il permet de comprendre les enjeux de société qui touchent les femmes aujourd’hui. Chaque épisode est une pierre de plus apportée à l’édifice de la sensibilisation et de l’entraide.

Si vous souhaitez témoigner ou si vous avez besoin d’une oreille attentive, vous pouvez contacter l’équipe de production en toute confidentialité à l’adresse : parole@malyce.ch.

Écrit par: Axel Tessier