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Helveticum #07 : L’aventure "Elementary Evolution" avec Jocelyn Moret et Jonathan Ruppen biboo.ch
Il est des artistes dont le parcours se lit comme une carte routière de l’histoire du rock. Marc-O, figure incontournable de la scène pop-rock en Suisse romande, est de ceux-là. Alors que son troisième album studio, « Âmes vagabondes », vient de paraître, l’auteur-compositeur-interprète s’est confié au micro du podcast Helveticum, In Helvetia Veritas. Entre nostalgie de ses débuts, exigence créative et regard lucide sur l’intelligence artificielle, l’artiste nous plonge au cœur de sa démarche.
Tout commence dans les années 70. À l’âge de 10 ans, le jeune Marc-O tombe par pur hasard sur un album des Rolling Stones. C’est le déclic. La fascination pour le dynamisme du rock’n’roll, combinée à l’influence des Beatles et de la scène pop-folk de l’époque (Dylan, Donovan), façonne immédiatement son oreille musicale. Son apprentissage, d’abord cadré par une formation rigoureuse, bascule rapidement vers une approche plus libre auprès d’un professeur californien installé à Nyon.
Ce rêve de gosse se concrétise très vite par la scène. En 1979, Marc-O participe au tout début de ce qui deviendra le mythique Paléo Festival de Nyon. Certes, à l’époque, il ne s’agit pas des infrastructures démesurées d’aujourd’hui, mais d’une salle communale bouillonnante d’énergie. Si le groupe de rock progressif dans lequel il évolue finit par se séparer sous le poids des impératifs professionnels de ses membres, l’empreinte est indélébile. Marc-O garde de cette jeunesse une détermination farouche et, surtout, cette soif de création qui ne l’a jamais quitté.
Avec son nouvel album, « Âmes vagabondes », Marc-O signe une œuvre mature, produite dans la quiétude des montagnes du Locle. Loin de l’agitation des grands studios parisiens ou montreusiens, c’est au cœur du berceau horloger suisse que l’artiste a trouvé la sérénité nécessaire pour concevoir ses 14 titres. Pour lui, la musique est une question d’affinités. En s’entourant de musiciens locaux multifacettes, il a su créer un son organique, une « vraie » musique où l’humain reprend ses droits sur le formatage technologique.
Le titre « Âmes vagabondes » illustre cette quête permanente. Comme il l’explique dans le podcast Helveticum, l’âme est cette matière difficilement identifiable qui cherche sans cesse un point de chute. Dans ses textes, Marc-O explore ces relations humaines, ces histoires d’amour et ces réflexions profondes sur le monde, refusant la facilité du festif pour privilégier une certaine « noirceur » romantique. Il se définit lui-même comme un « rock-mantique », cherchant l’équilibre parfait entre l’énergie du rock et la subtilité de la poésie mélodique.

L’un des moments les plus marquants de cet entretien dans In Helvetia Veritas concerne la place de l’intelligence artificielle dans la création musicale. Marc-O ne fait pas preuve de rejet dogmatique, mais d’une lucidité teintée de mélancolie. S’il reconnaît que l’IA peut être un outil pratique pour pallier le syndrome de la page blanche ou produire des musiques commerciales formatées, il s’inquiète de la perte de magie.
Pour lui, le danger n’est pas tant la médiocrité technique que la standardisation des ressentis. L’artiste, qu’il soit peintre, écrivain ou musicien, est là pour explorer des sentiers que les algorithmes ne connaissent pas. Il raconte cette anecdote révélatrice : avoir été séduit par une production musicale impeccable, avant de découvrir qu’elle était générée par une IA, ce qui a instantanément fait s’effondrer la magie qu’il éprouvait. La leçon est claire : l’avenir de la musique de niche, pour les intellectuels et les auditeurs exigeants, résidera dans cette capacité à exprimer des ressentis humains, authentiques et non robotisés.
Alors que la scène musicale actuelle est dominée par des boucles électro et une certaine désertion des instruments traditionnels, Marc-O garde un regard bienveillant mais sans concession. À celui qui voudrait apprendre la guitare aujourd’hui, il ne donne qu’un seul conseil : la détermination. Apprendre un instrument est douloureux au début, exige du travail et de la patience, des valeurs qui contrastent avec l’instantanéité numérique.
Pourtant, il refuse tout discours nostalgique ou moralisateur. Il constate simplement une évolution des usages. Si la technologie facilite la production, elle ne remplace pas la musicalité. Son propre parcours, riche de 45 ans d’expérience, prouve que la passion est le seul moteur durable. Les musiciens avec qui il joue aujourd’hui sont les mêmes avec qui il partageait ses premières notes d’adolescent. C’est cette continuité, ce fil rouge invisible, qui définit l’artiste qu’il est devenu.
L’actualité de Marc-O ne s’arrête pas à la sortie de son album. Après avoir peaufiné chaque détail de sa production, il se tourne désormais vers la scène. Si les dates de vernissage sont encore en cours de finalisation, l’artiste sera présent lors de rendez-vous incontournables, notamment à Montreux le 14 juillet et à Avenches le 1er août.
Marc-O aborde ces concerts avec la même exigence : celle de défendre des compositions qui, pour moitié, sont taillées pour le groove scénique, et pour l’autre, pensées pour l’écoute attentive dans des théâtres. Pour suivre ses prochaines dates et plonger plus en profondeur dans son univers poétique, rendez-vous sur son site officiel marc-o-music.ch.
Retrouvez l’intégralité de cet échange captivant dans le dernier épisode du podcast Helveticum, In Helvetia Veritas, disponible dès maintenant sur biboo.ch. Une plongée indispensable dans la carrière d’un rocker suisse qui, plus que jamais, garde les deux pieds sur terre et la tête dans les étoiles.
Écrit par: Maurizio Iulianiello
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